Wejeune

Une pensée à nos compatriotes, vaut-il la peine de quitter son pays ?!

Une matinée en prenant mon café habituel, j’ai eu l’intuition de penser à mes amis, j’ai sorti mon téléphone pour les appeler, coïncidence, chaque nom est associé à deux numéros : un premier qui me rappelle la souffrance et l’ambition, et un autre qui me fait ouvrir les yeux.

Oui, la plus grande partie des mes amis ont quitté le pays. Pas plus longtemps qu’hier, je recevais des appels de mes camarades de classe ou mes amis d’enfance pour demander à se voir d’une façon urgente et avec une tonalité de regret. Je me pose bien avant à l’endroit convenu en attendant  l’arrivé de mon ami, je l’aperçois venir avec un mélange de grimaces sur son visage exprimant à la fois la joie, le rayonnement et beaucoup de chagrin.

L’un après l’autre, c’est devenu un rituel de faire les adieux à « mes amis de galère » comme j’ai l’habitude de les nommer. Mais à un moment donné, ces adieux sont devenus extrêmement fréquents, déjà je me rends compte que presque toute une filière de ma promotion d’ingénieurs est déjà à l’étranger. à un moment donné, je me pose la question, pourquoi ces migrations ?!

Le pays est-il devenu insupportable à ce point ? Vaut-il la peine de s’éloigner de sa famille, de ses proches et de son pays? Est-ce que c’est un problème de moyens ?

Je me rappelle de nos conversations nocturnes avec une grande partie de migrants, nous nous considérons comme le changement que nous voulons dans notre pays, nous sommes la relève et nous serons la fierté de toute une nation. Nous ferons avancer le pays quels que soient les obstacles à franchir. Hélas, aujourd’hui tout est devenu un rêve, qu’est ce qui a changé ? Sommes-nous des rêveurs plus qu’il le faut ? Sommes-nous pris par la satisfaction de nos besoins physiques au détriment du besoin de s’accomplir ?

Énormément de questions se posent mais sans réponses concrètes. Certes, certains justifient cette migration par le manque de transparence, de reconnaissance financière ou morale, d’autres par l’absence de liberté individuelle, de droit d’expression mais aussi par l’hétérogénéité sociale, politique et économique. et bien d’autres arguments dans le même volet…

Enfin de compte, la seule chose concrète à déduire, c’est que notre pays perd énormément de génies chaque minute.  »